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PLACER LA FORMATION AU CENTRE DE SES PRÉOCCUPATIONS : L’EXEMPLE DE LA RICS POUR L’EXPERT IMMOBILIER

15/06/2017

Interview de Marc Ménagé : MRICS, Country Manager, RICS France

Intervenant Executive Master Stratégie et Finance de l’Immobilier

Pouvez-vous nous présenter rapidement la RICS pour ceux qui ne la connaissent pas ?

Créée au XIXe siècle en Angleterre, la RICS est une organisation professionnelle indépendante autorégulée. Elle réunit l’ensemble des professionnels de la filière en immobilier et construction (banquiers, promoteurs, géomètres, économistes, conseils, investisseurs, asset managers, urbanistes, évaluateurs…) et dont l’objet est d’agir dans l’intérêt du public à travers l’utilisation de standards,de bonnes pratiques et le respect d’un code d’éthique et de déontologie.
La formation tient un rôle central et le titre de « Chartered Surveyor » reste une qualification recherchée, véritable garantie du niveau d’expertise du professionnel. Elle est reconnue dans plus de 140 pays, que ce soit par les marchés ou les gouvernements.
Aujourd’hui, nous comptons plus de 118 000 professionnels de par le monde accrédités FRICS (Fellow of RICS) ou MRICS (Member of RICS). Les experts représentent près de 13 % des 1 500 membres en France.

Quelle place tient la formation dans l’esprit de la RICS, notamment pour un expert ?

Pour la RICS, l’expert immobilier a suivi un cursus particulier. C’est un professionnel qui a obtenu la certification de Chartered Surveyor en évaluation et réussi un examen après une période de formation associant la maîtrise de connaissances théoriques et de compétences acquises dans le cadre d’une pratique du métier. La validation de son accréditation est liée à l’évaluation de ses compétences par un jury de professionnels.
Tout au long de sa carrière, il sera soumis à un contrôle continu annuel (Value Registration) associant des obligations de formation continue et le respect d’un code d’éthique et de déontologie. Pour la RICS, un Chartered Surveyor doit se former chaque année, participer à la rédaction d’études ou à l’animation d’enseignements.

Cette exigence de formation a-telle eu un impact sur la reconnaissance du métier d’expert ?

Nos exigences en matière de formation et de pratiques nous ont permis de faire émerger une distinction entre un professionnel délivrant un avis de valeur et celui réalisant une expertise immobilière, l’absence de cadre réglementaire ayant longtemps entretenu la confusion.
En effet, le métier d’expert n’est pas soumis à l’obtention d’une carte ou d’une garantie particulière. Le terme «d’évaluation» doit être réservé au professionnel ayant suivi une formation, avec une expérience pratique et couvert par une assurance professionnelle spécifique aux types d’actifs et au montant de l’expertise réalisée. Il se doit également de suivre un code déontologique garantissant le consommateur de la bonne pratique du métier et levant d’éventuels soupçons de conflit d’intérêts. Si ces critères ne sont pas réunis, l’expression « avis de valeur » est plus appropriée. Pour un agent immobilier, il s’agit d’une activité accessoire à ses missions centrales comme la transaction ou la location.

Que pensez-vous des dernières obligations de formation réglementaire pour les experts immobiliers établies par la charte de l’expertise ?

Nous avons accueilli avec la plus grande satisfaction cette obligation de formation de 20 heures annuelles, qui s’inspire de ce que nous mettons en œuvre pour nos membres et pas seulement pour les experts mais pour tous les Chartered Surveyors. Nos formations sont partie intégrante de ces heures de validation de formation continue, l’objectif étant d’éviter l’empilement des exigences et d’aller vers une harmonisation entre l’existant dont le fonctionnement est avéré et les nouvelles réglementations françaises.
Ce qui anime depuis toujours la RICS est de garantir la qualification professionnelle de ses membres en veillant
à faire évoluer les métiers et mieux protéger le consommateur.

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